Mercosur : deux motions de censure examinées mercredi à l'Assemblée
Les députés examinent mercredi deux motions de censure, déposées par LFI et le RN, dénonçant l'accord de libre-échange que l'Union européenne signera samedi avec les pays du Mercosur, au lendemain de nouvelles annonces du Premier ministre pour tenter d'apaiser la colère agricole.
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Malgré l'opposition unanime de la classe politique à l'accord, ces deux motions n'ont guère de chance d'être adoptées, ni le PS ni LR ne souhaitant s'y associer. Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure avait écarté dimanche un vote en faveur du texte, jugeant « absurde » de censurer le gouvernement au moment où le président de la République Emmanuel Macron a dit non au traité.
« J'avais dit avant la semaine dernière que si Emmanuel Macron votait pour le texte, alors nous pourrions censurer (...) Il a voté contre », a justifié mercredi le président des Républicains Bruno Retailleau sur Europe 1/Cnews. « La motion de censure en France, ça n'apporte rien du tout. C'est désormais au Parlement européen que cela va se jouer », a-t-il aussi fait remarquer.
Le dépôt de ces motions de censure avait fait vivement réagir l'exécutif qui avait agité vendredi la menace d'une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement, faisant savoir qu'il se préparait à des législatives anticipées en même temps que les municipales en mars.
L'exécutif avait fait un geste en direction des agriculteurs en s'opposant vendredi à la signature de l'accord avec le Mercosur - en vain, cette position étant minoritaire en Europe.
Malgré le « non » d'Emmanuel Macron, LFI accuse le président d'avoir « laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne », voyant dans ses tentatives d'obtenir des contreparties des « artifices ».
Au-delà de l'agriculture, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot, a justifié sur France 2 cette motion pour dénoncer « un gouvernement minoritaire qui est illégitime et continue une politique coûte que coûte dont plus personne ne veut dans le pays ».
Le RN reproche de son côté à l'exécutif d'avoir échoué à faire barrage à l'accord en « n'utilisant pas tous les moyens de négociation à sa disposition ». « Il n'est pas normal que la France, deuxième contributeur net au budget de l'UE, se fasse imposer un tel accord qui lui est si défavorable », jugent les députés d'extrême droite.
La motion sert « à soutenir les agriculteurs, ensuite à dénoncer l'hypocrisie et la nullité de ce gouvernement en la matière », a expliqué son vice-président Sébastien Chenu sur Franceinfo.
Le groupe GDR (communistes et ultra-marins) a annoncé mardi qu'il voterait la motion de censure de la France insoumise, jugeant que la position du président de la République n'a « pas toujours été très claire ». Les écologistes, qui dénoncent un refus « de façade » et appellent la France à « saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour contester l'application provisoire du traité », devraient faire de même.
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